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Des copeaux de bois pour déglacer les rues

La neige colle sur votre pelle? Écoutez ceci

La Ville de Rosemère a trouvé un nouveau produit pour déglacer les rues et les trottoirs. Cette nouvelle technique consiste à utiliser des copeaux de bois imbibés de chlorure de magnésium. Le test, qui durera tout l’hiver, est réalisé dans les rues Île-Bélair Est et Glendale situées à proximité de la rivière des Mille-Îles. Ce produit 100 % biodégradable, et dont le pH est neutre, est moins dommageable pour les cours d’eau que le sel.

Contrairement au chlorure de sodium qui est nocif pour l’environnement et que l’on retrouve dans le sel de déglaçage traditionnel (sels de voirie), les copeaux de bois imbibés de chlorure de magnésium n’atteignent pas la nappe phréatique et n’endommagent ni le béton ni l’acier. D’une longueur de 5 à 20 mm, les copeaux s’incrustent dans la neige, lui donnant ainsi une meilleure adhérence. Ils peuvent tenir pendant six jours, et ce, jusqu’à une température de ‑30 °C, grâce au chlorure de magnésium dont ils sont imbibés. Par comparaison, le sel de déglaçage traditionnel perd de son efficacité sous la barre des ‑15 °C. Autre avantage, ils ne se désintègrent pas donc il faut traiter les rues moins souvent.

Pour fabriquer son nouveau produit, l’entreprise Technologies EMC3 de Joliette s’est inspirée d’une initiative de la Suisse qui utilise déjà les copeaux de bois comme antidérapants depuis plusieurs années sur ses trottoirs, pistes cyclables et routes.

Pour le maire de Rosemère, Éric Westram, cette vieille méthode est beaucoup plus écologique et efficace que le sel. Reste à savoir si c’est plus économique sur le long terme…

Des alternatives au sel sont nécessaires

Chaque hiver, le Québec épand 800 000 tonnes de chlorure de sodium (soit 25 kg par seconde en moyenne sur l’année !) sur ses routes, avec des effets néfastes pour la faune, la flore, l’eau, les infrastructures ou encore les véhicules. Le pont Champlain est un des exemples les plus évidents des effets néfastes de l’épandage du sel. Ses poutres principales présentent des fissures et des traces de corrosion : le sel éparpillé sur la chaussée du pont au fil des hivers s’est infiltré dans la structure métallique, à travers le béton. Des treillis métalliques y ont été installés, mais l’état du pont est tel qu’il a poussé la construction du nouveau pont Champlain. Le chantier, qui doit s’achever fin 2018, coûte pas moins de 4,2 milliards CAD.